Un écrivain public doit-il savoir jouer de la guitare ?

Ah oui…là tout de suite ça interpelle, non ?

On a envie de savoir, hein ? On se creuse la tête, on se demande…Parce qu’a priori ça n’a rien à voir, un écrivain public et une guitare…à la limite si j’avais parlé d’une machine à écrire vous auriez compris et vous seriez passé à autre chose, mais là…

Ben, en même temps, si on y réfléchit, déjà on peut remarquer que vous êtes en train de lire ce texte…

…ceci prouve donc bien qu’un écrivain public est un professionnel de la communication.

Qu’il a le sens de l’accroche, du mot pertinent et de l’idée saugrenue qui vous retient quelques minutes. Et ça, c’est déjà une bonne chose de le savoir.

Maintenant, pour en revenir à cette incroyable question, pour tout vous dire je serais presque tenté de répondre « oui » …

….« oui, un écrivain public doit savoir jouer de la guitare »…

Mais si je faisais cela, je serais alors obligé d’ajouter aussi qu’il lui faudrait aussi savoir faire du ski nautique, parler couramment portugais, comprendre facilement la transformée de Fourier et pendant qu’on y est la distribution de Dirac, être capable d’utiliser un GPS coréen sans se tromper, savoir faire la différence entre une campanule des prés et une campanule des champs, pouvoir réciter dans les deux sens la généalogie complète de Nicolas Flamel sur cinq générations, maîtriser (et surtout comprendre) les différentes formes de salutations en vigueur à la cour d’Angleterre, être capable de démonter une machine à expresso et surtout de la remonter dans le même état de marche, …

Accessoirement il lui faudrait également savoir parler et écrire le grec ancien, moderne et futur, le latin évidemment, le sanscrit, mais cela allait de soi, la maîtrise des écritures cunéiforme serait un plus fort apprécié que viendra compléter bien évidemment les base des hiéroglyphes égyptiens et des nœuds incas ainsi qu’une maîtrise réelle et argumentée du langage SMS…

Voilà, voilà, voilà,…j’en vois quelques-uns, dans l’assistance, qui commencent à me regarder avec des yeux d’infirmiers de services psychiatrique quand ils voient un de leur patient sur le point de déclencher une crise…

Alors évidemment non, avant que vous ne quittiez la salle, je vous rassure : un écrivain public n’a pas à maîtriser toutes les compétences ci-dessus énoncées…et d’ailleurs vous en conviendrez avec moi, quand bien même il le voudrait, il aurait beaucoup de mal à tout connaître…

Néanmoins, et c’est là où je voulais en venir, de par la diversité des personnes, des situations et des vies auxquelles il est confronté, l’écrivain public se doit d’avoir (et d’entretenir) à la fois une certaine culture générale mais également une grande ouverture d’esprit.

La très grande diversité des histoires humaines qu’il rencontrera l’exige.

Imaginez-vous écrivain – biographe. Aujourd’hui vous pouvez rédiger l’histoire d’un guitariste de rock (vous voyez : la guitare ! finalement on y revient, hein !) et demain la biographie d’un saunier de Guérande.

Ou encore : vous aidez une personne de confession israélite à rédiger un discours pour le mariage de sa fille, puis vous recevez un médecin finlandais installé en France et qui souhaite obtenir sa naturalisation…

On pourrait multiplier les exemples à l’infini…mais l’essentiel reste quand même le point suivant : même si un écrivain public ne doit pas forcement savoir jouer de la guitare, il doit cependant être capable de se fondre, sans se perdre, dans toutes les vies qui se présentent à lui.

Il doit pouvoir se les approprier, les comprendre, les intégrer, comme il intégrera le langage et le rythme de parole propres à chacun de ses clients. L’espace d’un instant il deviendra eux.

Il vivra mille vies dans une seule.

Encore faudra-t-il pour ce faire, qu’il soit capable de comprendre le langage de celui qu’il écoute.

[iframe src= »http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?t=imagic2015-21&o=8&p=15&l=st1&mode=books-fr&search=écrivain&fc1=000000&lt1=_blank&lc1=3366FF&bg1=FFFFFF&f=ifr » marginwidth= »0″ marginheight= »0″ width= »468″ height= »240″ border= »0″ frameborder= »0″ style= »border:none; » scrolling= »no »]

– Article lu (482) fois

Comments (2)

  1. Reply Imagic2015

    Bonjour, et merci pour votre commentaire.

    Je suis d’accord avec vous, l’écrivain public doit savoir ne pas exister, disparaître et surtout se fondre dans la vie (ou le bout de vie) qui lui est présenté.

    Un autre terme anglais, pour écrivain public : « Wordsmith » … le forgeron de mots…

    Cordialement.

  2. Reply ADREST

    Bonjour collègue
    J’aime bien vos réflexions. Moi qui écrit pour les autres sans jamais avoir voulu être écrivain, j’en faisais un petit complexe quand j’entendais certains s’exclamer « Aaaah, Ecrire ! ».
    Bien sûr, oui, un écrivain public doit savoir jouer de la guitare, en fait il est là pour tout savoir. Et c’est super, parce qu’il apprend quelque chose de nouveau avec chaque interlocuteur. Pas le temps de se scléroser.
    Oui, il doit être disponible, à l’écoute, réveillé et tout et tout. Mais il doit aussi être le « ghostwritter », ne pas exister, disparaître…
    Bref, j’ai aimé lire vos lignes : dans un métier somme toute solitaire et mal connu, c’est agréable de rencontrer un écho.
    Pour info, je suis arrivée sur votre site via celui de France 5, tout à fait par un hasard de curiosité.
    Bonne continuation

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.