Qu’est-ce qu’un écrivain public aujourd’hui ? (1/2)

J’inaugure ici une série d’articles ayant pour thème le métier d’écrivain public de nos jours.

Tout le monde, y compris les écrivains publics eux-mêmes, se fait des idées, plus ou moins fausses, sur ce métier.

C’est toutefois compréhensible, dans la mesure où tout le monde en parle (ou en a entendu parler), mais peu savent de quoi il retourne exactement. Pour être honnête, il m’a fallu un certain nombre d’années pour être capable de répondre de manière précise aux gens qui me demandaient ce que je faisais comme métier.

Beaucoup de personnes sont intéressées par ce métier et envisagent de se lancer dans l’aventure.

Ces articles sont fait pour elles, pour leur permettre de se faire une idée précise de la profession, des difficultés qu’elles pourront rencontrer, des compétences techniques nécessaires, des outils et du matériel qu’il vous faudra, des qualités humaines requises ainsi que dans un deuxième temps des éléments plus techniques concernant la gestion du travail et des informations.

Commençons tout d’abord par éliminer quelques clichés et idées reçues.

Tout d’abord, non, l’écrivain public ne travaille pas assis sous un arbre, écrivant à la plume d’oie. Je doute même qu’il l’ai fait un jour. C’est idiot quand on y pense : vous vous imaginez s’il pleut, comme vous avez l’air bête avec votre bout de papier trempé, dégoulinant de quelques traces d’encre ?

En d’autres termes, l’écrivain public travaille dans une étude confortable, spacieuse, avec une machine à café et dans laquelle il a une place pour faire la sieste l’après-midi. Oui, même si nous sommes assis la plupart du temps c’est un métier qui peut être difficile et fatigant.

L’écrivain public n’est pas non plus celui qui est écrit uniquement et exclusivement pour ceux qui ne savent ni lire ni écrire. Autant cela put être vrai il y a 300 ans, parce que le taux d’alphabétisation était effectivement très (mais alors vraiment très) bas, autant de nos jours les choses ont changées. Heureusement d’ailleurs. Heureusement aussi, les écrivains publics se sont adaptés et ont compris que s’ils ne voulaient pas mettre la clé sous la porte, il vaudrait peut-être mieux pour eux élargir leurs domaines de compétences.

Ben oui, le taux d’alphabétisation en France aujourd’hui  avoisine les 100 %…alors vous imaginez que si nous devions nous adresser uniquement aux personnes ne sachant ni lire ni écrire…ben comment dire…nous connaitrions de longues période de solitude dans notre étude.

Ainsi donc, grâce à sa phénoménale capacité d’adaptation, et aussi disons-le, à son pragmatisme naturel, l’écrivain public évolua, et compris très vite qu’il pouvait sans peine offrir ses remarquables services à tout le monde…

A suivre…

– Article lu (1393) fois

Comments (5)

  1. Reply Grégoire

    Bonjour,

    Un très bon documentaire sur les écrivains publics passe en ce moment sur le site « Documentaires » (France 5) :
    http://documentaires.france5.fr/documentaires/profession-ecrivain-public

    Vidéo intégrale disponible jusqu’au mardi 18 octobre 2011 à 21h41.
    Diffusion sur France 5 mardi 11 octobre à 21h42.

    RESUME :
    Le discours d’un maire, le roman d’une vie, un texte à lire lors d’un mariage, une lettre de motivation en vue de décrocher un travail, un appel désespéré d’une grand-mère qui veut revoir son petit-fils parti à l’étranger, la lettre d’excuses d’un détenu, pris de remords, à ses victimes, des déclarations d’impôts, des ateliers d’écritures dans des maisons de retraites…
    Autant d’exemples sur lesquels des écrivains publics sont amenés à travailler de nos jours.
    On croyait ce travail obsolète, disparu. Il n’en est rien, il suffit de consulter internet pour constater que ce métier, vieux comme le monde, a encore de beaux jours devant lui.
    Ce n’est plus le vieux scribe que l’on vient consulter, mais un confident de l’intime…

    Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants.

  2. Reply Yasmina

    Il est vrai que les publics de l’écrivain public sont larges aujourd’hui mais écrire : « le taux d’alphabétisation en France aujourd’hui avoisine les 100 %… ». Ah bon.

    1. Reply Imagic2015

      Oui. Après vérification de diverses sources, je maintient :).

      Le taux d’alphabétisation avoisinait déjà 96 % en 1911, en France.

      Je précise que « le taux d’alphabétisation en France » concerne les personnes nées et scolarisées en France.

      Le cas des étrangers est bien entendu différent. Ceci étant même s’ils ne parlent pas forcement la langue française ils n’en sont pas analphabètes pour autant.

      En plus de 15 années d’exercice j’ai du recevoir peut-être deux personnes réellement analphabètes.

      L’objet du paragraphe auquel vous répondez était vraiment de dissiper une idée reçue (les écrivains publics ne sont là que pour les personnes ne sachant ni lire ni écrire) qui a la vie dure, et qui, qui plus est, nous porte préjudice.

      1. Reply Olivier

        Difficile d’interpréter ces chiffres … 2 analphabètes en 15 ans d’expérience cela me semble beaucoup face au handicap que cela représente … par contre quand on lit que plus de 99% de gens alphabétisés en France, on se dit que peu de gens de savent pas lire (hors notre quotidien nous montre le contraire).

        Merci d’avoir précisé que l’étude ne concerne que les enfants nés et scolarisés en France. Difficile d’interpréter ces chiffres quand on sait qu’en 2009, seulement 10% des jeunes de 25 ans étaient scolarisés !

        Le seul chiffre vrai que l’on peut avancer est que « 100% des jeunes qui savent lire et écrire ne sont pas analphabètes ». Et pour prouver cela, aucun chiffre n’est nécessaire 🙂

        Enfin, oublions un peu ces chiffres et concentrons nous sur l’essentiel : oui même ceux qui pensent maîtriser la langue française peuvent avoir besoin des services d’un écrivain public !

        PS: désolé pour les fautes d’orthographe qui se sont peut être glissées dans ce commentaire … c’est que moi aussi j’aurai bien besoin d’un écrivain public !!

      2. Reply Emmanuel

        Je tiens à nuancer le taux en 1911 : il s’agit du taux d’alphabétisation des 20-24 ans, c’est-à-dire la génération fraîchement sortie du système public de l’époque, grosso modo la 2e/3e fournée ayant bénéficié du primaire gratuit. Pour les populations plus âgées, la taux est sensiblement différent.

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